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Mathieu Perronno s'active à la tâche depuis lundi, sous le pont de la rocade, dans le quartier de Crouin. Avec son collègue graffeur, Arnaud Gesse, de Dog association, ils sont chargés de décorer les deux côtés de la route, sous le pont du boulevard des Borderies. Le quartier autrement

Le projet de « décoration urbaine » est né d'une volonté du conseil de quartier de « donner envie de rentrer dans Crouin », explique Idrissa Badji, référent du conseil. « On avait envie que les gens voient l'endroit autrement, ajoute-t-il, et, au fil des discussions, l'idée d'une fresque sous le pont a été avancée. » Six mois de réunions et de concertations sont passés, avant les premiers coups de pinceaux. « Je suis allée trois fois aux réunions de quartier, raconte Mathieu Perronno, pour proposer des dessins et les modifier selon les avis des uns et des autres. »

L'idée est de valoriser le patrimoine de Crouin en mettant en avant deux paysages : l'école des filles et un vieux pont. Par-dessus, le graffeur y dessine une scène où se mêlent des paysans, des poules et un chien, symbole de son association.

Avant de débuter les peintures, le conseil de quartier a fait travailler les jeunes du chantier d'insertion pour nettoyer les murs. « Il y avait un vernis anti-graff qu'il a d'abord fallu retirer avant de pouvoir peindre », explique Mathieu Perronno.

Ensuite, les choses ont été ralenties, car il a fallu obtenir l'aval du Département, propriétaire du pont sur lequel passe la rocade. « En principe, on devait venir aussi avec les écoles sur le chantier, mais le fait que l'administration ait mis du temps à donner l'autorisation a repoussé tout ça à ces vacances de février », ajoute Idrissa Badji. Lundi, Mathieu a donc commencé sa peinture, en même temps que les quatre jeunes du chantier d'insertion finissaient le nettoyage.

Une autre approche du graff

« Les gens sont intrigués et ralentissent pour me poser des questions. Depuis le début, c'est une belle occasion de parler de peintures avec eux, se réjouit-il. Il y a un vrai échange avec les gens du quartier. » Certains voisins ont beaucoup apprécié les premières poules dessinées par le graffeur et se félicitent que le chantier fasse ralentir les véhicules qui passent par le boulevard des Borderies.

« C'est une démarche très intéressante du comité de quartier. Pour nous, c'est important de coopérer avec la Ville de Cognac. C'est une approche du graffiti qui s'éloigne du vandalisme, même si on a tous commencé comme ça pour se faire la main. »

À pied d'œuvre tous les jours de la semaine, Mathieu Perronno pense terminer son travail aujourd'hui ou demain.

 

Publié le 02/03/2012 à 06h00
Par Léa aubrit